Histoire du calendrier ou almanach du facteur.

Calendrier en couleurs illustré d'un château.
"Almanach des postes. 1878". Archives départementales du Pas-de-Calais, 4 Fi 3766.

L'almanach qui s'identifie dans son sens général au calendrier remonte au XVe siècle, toutefois il semble que le calendrier destiné à être fixé au mur n'apparaisse en France qu'au début du XVIIe siècle. S'adressant davantage au milieu rural qu'à la bourgeoisie urbaine, il constituera pour les paysans un précieux recueil d'informations et de conseils relatifs à chaque jour de l'année.

Le calendrier fut appelé tour à tour « almanach de cabinet, calendrier, calendrier de bureau, de comptoir, calendrier des postes » puis officiellement « Almanach des postes ». Il donnait de nombreuses informations sur la poste, comme les mouvements du courrier mais aussi les jours de foire, les heures d'ouverture et fermeture des postes de la ville et des notions d'astronomie.

C'est par une circulaire du 15 décembre 1849 qu'Édouard Thayer, directeur de l'administration générale des postes, autorise pour la première fois les facteurs à distribuer ces calendriers pour leur compte. Ils sont donc autorisés à « continuer la distribution des calendriers à leur profit et pour leur compte conformément à un usage depuis longtemps établi ».

Toutefois, l'administration des postes se réserve le droit d'intervenir sur deux points : elle donne son autorisation pour les illustrations puisqu'elles ne doivent pas « froisser le public au point de vue moral, religieux ou politique », et vérifie l'exactitude des renseignements postaux contenus dans le calendrier.

À partir de 1854, les calendriers imprimés par la maison Oberthur sont distribués dans toute la France. Le Ier septembre 1855, Monsieur Stourm, directeur général des postes, interdit par la circulaire n° 43 de proposer, à cette occasion, des publications hostiles au gouvernement. C'est à cette date que les calendriers reçurent l'appellation d’« Almanach des postes - Étrennes des facteurs » et devinrent des documents de service à l'usage du public. Ces informations sont publiées avec l'autorisation et le contrôle des inspecteurs et directeurs départementaux. Ils peuvent donc être utilisés comme documents de référence. On y trouve des cartes des départements concernés et certaines indications administratives. En 1880, le calendrier changea d'appellation et devint  l'« Almanach des postes et télégraphes » puis prend le nom d'« Almanach des P.T.T. » en 1945, avant de devenir l'« Almanach du facteur » en  1989.

Bien que le format soit resté pratiquement identique, le calendrier des postes a évolué avec son temps : apparition de la couleur, des photographies …

On retrouve toutefois au palmarès des illustrations les mêmes thèmes : paysages, loisirs et animaux. Si les scènes de vie quotidienne ne sont pas rares, les illustrations à caractère militaire ou religieux ont quasiment disparu depuis 1946 pour les premières et 1975 pour les secondes. On peut également souligner l'absence quasi totale d'illustrations relatives au travail, à des conflits sociaux, à des faits divers, à des guerres ... En matière de calendrier des postes le goût populaire semble donc avoir été particulièrement entêté : on évite les sujets « qui fâchent » et, le support étant destiné à être exposé toute une année à la vue de tous cuisine, entrée, bureau ...), il doit proposer des scènes apaisantes, de bonheur partagé, d'harmonie et de quiétude.

 

Le calendrier révolutionnaire

Les révolutionnaires veulent faire table rase du passé et régénérer la Nation. Un nouveau calendrier, qui doit témoigner de la rupture provoquée par la Révolution, est mis en place. Le 22 septembre 1792, jour de la proclamation de la République, s’impose comme premier jour de l’an I. Le calendrier Républicain entre en vigueur le 15 vendémiaire an II (6 octobre 1793). Il divise l’année en douze mois de trente jours. Chaque mois est découpé en trois décades (semaines de 10 jours). Ce calendrier bannit tout rappel de la religion. Les noms de mois rappellent le climat (décembre, nivôse en rapport avec le thème de la neige) ou des moments importants de la vie paysanne (septembre, vendémiaire, les vendanges). Chaque jour est caractérisé par le nom d'un produit agricole, d'une plante, d'un animal ou d'un outil en lieu et place des noms de saints du calendrier traditionnel. Mais ce calendrier ne passe pas dans les usages. Le décadi ne parvient pas à remplacer le dimanche et on continue de célébrer Noël, Pâques ou la Toussaint. Il est aboli le 1er janvier 1806.

 


Bibliographie :

F. Bertin, Le facteur et son almanach, leur grande histoire, des origines à nos jours, Rennes, Oberthur, 1990.

P. Charbon, Le facteur et ses métamorphoses, J.P. Gyss, 1984.

P. Nougaret, Les sources de l’histoire postale, éditions Musée de la Poste, 1992.